Eve Ruby Lenn

Eve Ruby Lenn

Auteure

La littérature gothique

Souvent rebaptisée “le roman gothique”, la littérature gothique, qui trouve ses sources en Angleterre, m’a toujours plu énormément. Ce genre est apparu en 1764 avec l’excellent Château d’Otrante d’Horace Walpole, et a petit à petit disparu après 1830, au profit de la littérature fantastique. Il arrive que la littérature gothique soit, à tort, confondue avec le roman noir. Or, il s’agit de deux genres bien différents.

Mes raisons d’aimer le roman gothique

J’aime me plonger dans la noirceur de la littérature gothique. L’esthétisme recherché et abouti y est exquis, l’architecture aussi fascinante qu’effrayante, les personnages complexes à souhait, oui, vraiment, j’affectionne cette atmosphère. De Mary Shelley à Edgar Allan Poe, en passant par Bram Stocker, j’ai dévoré déjà bon nombre d’ouvrages inhérents à ce genre et pourtant, je ne m’en lasse pas. Je suis comme envoûtée par cette littérature anglaise du XVIIIᵉ : ses demeures, aussi vastes qu’intrigantes, ses châteaux en ruines renfermant quelques fantômes du passé, ses légendes, réelles ou infondées, mais qui me tiennent en haleine des chapitres durant… Dans la majorité de ces romans, se plantent dans le décor un inévitable cimetière, des tours sombres d’où proviennent des hurlements lugubres, de longs couloirs tout juste éclairés par la pâle lueur d’une bougie… De fait, l’éclairage a toute son importance dans la littérature gothique, tout comme les croyances et autres superstitions.

L’émergence de thèmes inédits

Le roman gothique fait la part belle à l’esthétisme. Comment ne pas tomber sous le charme de l’architecture médiévale, parfois réduite au rang de vestiges, image représentant la religion à cette époque. En effet, les auteurs ne se privent pas pour critiquer le catholicisme  de façon plus ou moins assumée au fil des pages. D’autres notions émergent également, et notamment la sexualité. Elle est exprimée en des termes très crus pour l’époque de l’Angleterre victorienne, comme dans l’inégalable Dracula de Bram Stocker. “Oh my God !”.

Le roman gothique, qui se vouait au départ une véritable fascination pour le Moyen Âge va peu à peu sombrer dans le macabre.

Les monstres font leur apparition

Nous avons cité Dracula, mais d’autres monstres vont naître pendant le courant gothique. Le monstre de Frankenstein bien sûr. Comment ne pas l’évoquer ? Et M. Hyde, terrible alter égo du Docteur Jekyll ? Ces monstres sont finalement le reflet sombre des humains. Quel plaisir de nous voir ainsi dépeints, dans nos pires travers et nos secrètes perversions ! On note que dans plusieurs romans gothiques, les monstres créés sont la conséquence d’un usage déraisonné de la science. La science fascine, la science fait peur à cette époque.

Emily Brontë décrira, elle, non pas un monstre, mais la potentielle monstruosité des hommes : l’horreur des esprits humains. Dans Hurlevent, les personnages sont d’une cruauté épouvantable, mais toute naturelle ! L’abjection morale dans toute sa splendeur ! Cela fait froid dans le dos, et c’est aussi pour cela que j’aime tant la littérature gothique.

Eve RL

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